Pène Male : Par la crête de Hèche Barrade [Rassemblement G2G Pyrénées 2022]
1406921_fr
C’est décidé, le G2G se déroulera au Plat d’Adet. D’ailleurs, je ne sais toujours pas ce que veut dire « G2G ». Les discussions se poursuivent entre les participants et je prends conscience que ma moitié sera la seule « piétonne », sans ski quoi. Je débute alors mon passe-temps favori, étudier la carte IGN, les BERA et les prévisions météo dans la quête d’un itinéraire
Quitte à être déjà à 1700m d’altitude, autant trouver un parcours qui n’oblige pas à prendre la bagnole.
Le champ des possibilités se réduit drastiquement. La crête de Heche-Barrade semble le candidat idéal. Après la lecture des quelques itinéraires estivaux de C2C, je suis convaincu de la faisabilité dans les conditions actuelles. Cela est conforté par @Le_jojoc. Ça fera quand même une bonne bambée assez aérienne et ça sera la deuxième fois de sa vie que Nuria chaussera les crampons. Au pire, on fera demi-tour.
Sur place le vendredi soir, les groupes discutent de ce qu’ils veulent faire le lendemain. Carine se joindra à nous. Joël aussi éventuellement.
Réveil 6h et des brouettes et départ 7h et des poussières. La nuit a été agitée entre bruits joviaux et maux de dos. Comme à son habitude, Carine a une casse d’enfer et avance comme une fusée. Nous avons un rythme plus modéré. Le Soum de Matte est atteint sans aucune difficulté. Nous entamons alors le fil de la crête qui devient rapidement très aérien. Le paysage est magnifique. Le versant sud est complètement pelé et nous le rejoignons parfois pour éviter les passage scabreux, mixte ou neigeux de l’arête. C’est un terrain à isard dans lequel il faut quand même se méfier des cailloux. De temps en temps, nous progressons ainsi dans de la terre, du gispet ou du rocheux. Nous contournons ainsi le point 2442 par la gauche et visons un large couloir. Le vide omniprésent commence à fatiguer Nuria qui n’est pas vraiment à l’aise. La remontée du couloir enneigé a raison d’elle et elle craque un peu. Finalement, nous regagnons le fil et poursuivons jusqu’au Pic d’Arrouye sans difficulté. Je m’étais préparé psychologiquement à ce qu’on parle du renoncement et qu’on envisage de faire demi-tour. Le panorama est époustouflant et l’ambiance mystique. Le pic long revêt un lenticulaire et la frontière Espagnole confine un front nuageux blanc et épais. La vue sur la massif du Néouvielle et les lacs est imprenable.
Voyant Nuria reprenant du poil de la bête, je ne dis rien et nous continuons. La crête est plus large ici et la sensation de vide moins présente. Au pied du Pene Male, je propose à Nuria de s’encorder. Carine s’avance et nous attend au sommet. Nous nous équipons et la rejoignons en corde tendue. Je poserai 2 points afin de justifier de ne pas avoir apporter du matos pour rien. C’est du III grand grand max mais faut faire attention à où on met les mains. Jusqu’au pied du Cabanou, le fil redevient quelque peu aérien et épuise mentalement ma douce. Avec nos encouragements, elle s’en sort plutôt bien et combat ses blocages psychologiques. Un court passage à califourchon lui permettra de diminuer l’impression du vide. Il est vrai que glisser à cette endroit donne au choix 400m de chute à droite ou 1100m à gauche. J’ai raccourci l’encordement à quelques mètres et suis prête à retenir une chute (enfin, j’espère). Nous pressons un peu le pas car un voile nuageux se forme et la crête derrière nous disparait dans les nuages au fur et à mesure de notre avancée. Nous arrivons enfin au pic de Cabanou où nous nous accordons une brève pause pour nous restaurer.
S’en suit, une fois n’est pas coutume, un long retour par les pistes jusqu’au chalet du Plat d’Adet. Après deux ou trois querelles concernant le bon itinéraire de retour, nous arrivons pour un apéro bien mérité.
Merci pour le CR et les magnifiques photos, pas faciles à réussir à cause de cet atmosphère laiteuse !
Les Dômes de Miage ont du soucis à se faire ! 