1235151_fr

Chute avec un bloc en corde tendue

J’observe de plus en plus de cordées qui progressent ainsi en terrain facile ou peu difficile. Ça m’arrange le plus souvent car ces cordées ont de fait une progression plus lente et sont faciles à doubler !
Si un intervalle de 15 à 20 m, voire plus est la règle sur glacier, en parcours rocheux, ce type de progression (j’en vois parfois qui progressent simultanément à 50 m l’un de l’autre !) s’appelle du « solo encordé », avec potentiellement 2 morts au lieu d’1 en cas de chute de l’un des deux (sans parler de la corde qui balaye tous les cailloux du monde sur les suivants…).
Comment imaginer un seul instant que le leader puisse être capable d’arrêter la chute, ou même une petite glissade de son camarade qu’il ne voit pas alors qu’il est lui-même en train de grimper ? Et si à cet instant il est aux prises avec un passage un peu plus difficile et/ou vertical ou pourri, ce sera la chute assurée pour les deux. Une chute du leader en terrain facile, même sur 3 ou 4 m n’est jamais sans conséquences.
Progresser en rocher à corde tendue, c’est, pour le leader, avoir en permanence un contact visuel et tactile sur son second : 5 à 7 m maxi entre les deux et une corde réellement tendue, afin d’avoir un contrôle et une réactivité en temps réel sur ce qui se passe.
L’impossibilité de se conformer à cette forme de progression impose de faire des relais, même si ce sont de très courtes longueurs de 15 à 20 m ; la gestion rapide des anneaux de buste sert à ça.

B.A.

Bonjour,
Merci pour ce compte-rendu, et tant mieux que les conséquences n’aient pas été plus graves.

Dans le CR, vous avez inversé les champs :

  • ÉlĂ©ments ayant aggravĂ© les consĂ©quences de l’évĂ©nement
    et :
  • ÉlĂ©ments ayant attĂ©nuĂ© les consĂ©quences de l’évènement

@lutin.de.la.foret merci, c’est réparé :slight_smile:

@B.A Je comprends votre point mais ce n’est pas si systématique, et je note plusieurs éléments dans votre message qui me font tilter. Sans vouloir polémiquer:

Et bien justement mon récit vous indique que ça a été le cas. Et bien plus qu’une petite glissade puisque le second était carrément pendu à la corde, les pieds ne touchant pas le sol! Comment? Et bien avec le passage entre béquets et dans des fissures, la corde frotte, voire, dans ce cas précis, se coince lors de la chute. Mon récit est donc pile poile un contre-exemple de ce que vous décrivez comme impossible, et pas besoin de voir le second pour dire aux béquets de faire frotter la corde!

Idem, sauf s’il y a béquet ou point entre les deux. Par contre avec 5 m entre les deux, les chances que la corde soit effectivement derrière un béquet sont 2x plus minces (voire plus, car avec la tension une corde de 5 m sera beaucoup plus haute qu’une corde de 10 m avec la même tension, et aura donc moins de chances de frotter contre des rochers bas), et c’est justement dans ce cas que les 2 dévissent. A mes yeux, dans ce terrain, ça aurait été vous les soloïstes encordés! Croire que parce que vous pouvez voir votre second vous pourrez le retenir s’il chute alors qu’il n’est pas retenu par un béquet est assez illusoire (autant en couloir de neige, why not parce que les appuis crampons piolets sont bons et sur des surface larges, autant en rocher… à moins d’être Stallone dans Cliffhanger :smiley: !)

Idem. Cela dépend évidemment du terrain et votre avis me semble un peu trop tranché / généraliste. Vu le terrain dans lequel nous étions (avec pas mal de petits ressauts, désescalades de 1 - 2 m), à 5 m d’encordement nous n’aurions pas pu sécuriser la corde derrière des béquets la moitié du temps. Poser un point pour 5 m de corde tous les 5 m est extrêmement chronophage.
Avoir seulement un contact visuel ne vous permettra pas de retenir quelqu’un s’il n’y a aucun frottement, aucun point entre vous deux si vous ne pouvez pas sauter à l’opposé de sa chute. De plus, je ne comprends pas vraiment comment faire pour avancer droit devant soi en se concentrant sur l’itinéraire, et en même temps en permanence regarder derrière pour voir si son second ne part pas avec une mauvaise prise (à moins d’avancer en crabe et de fortement loucher sur les extérieurs !!). Les pratiques changent d’un endroit et d’une personne à l’autre, par exemple de mémoire le Club Alpin Suisse recommande généralement par défaut 10-15 m entre les deux grimpeurs…

Et bien c’était le cas sur toute cette arrête. Tirer des longueurs de 15-20, même 40 m sur une arrête de 2 km… hmmmm. On a tiré quelques longueurs et posé des relais sur les passages plus délicats; mais tout le long ça me parait impossible à moins de bivouaquer au milieu.

Bref, sauf erreur de ma part, je ne pense pas que vous connaissez la topographie de cette arrête; rester figer sur une seul pratique quel que soit le terrain n’est selon moi pas la bonne approche. Loin de la volonté de polémiquer et de remettre en cause votre expérience et vos pratiques, je pense qu’il faut savoir s’adapter et adapter ses techniques au terrain, aux conditions etc.

Il n’y a aucun doute que vous nous auriez doublé, mais sur l’aspect sécu, je suis moins convaincu!

2 Likes