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Grosse plaques avec rupture due à un déclenchement naturel: coulée de neige lourde

Merci pour le partage : c’était chaud dans tous les sens du termes.
Est-ce qu’on peut localiser sur les photos d’où est partie la purge qui aurait déclenchée la plaque ?

Départ spontanée sur le flanc SW du Pic de la Grande Valloire à l’entrée du cirque (rive droite du glacier d’Arguille)
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Je pense que cela devrait être la coulée sur la droite de la 1ère image, donc un peu décalée par rapport aux plaques. Je suppose que les vibrations ont suffit pour déclencher à distance sans être certain cependant sur son déclenchement.

Vous avez vécu ce jour là une sacrée aventure et nous vous remercions de l’avoir partagée ici et sur data-avalanche. Ce scénario de déclenchement est très particulier (sournois même !) et donc hyper intéressant, car on ne le trouve pas (ou peu) dans la littérature à priori.

Merci d’avoir complété ce récit par rapport à votre première version.

« Précision: je n’affirme pas du tout que la coulée de neige humide a vraiment déclenchée cette grosse plaque. Il s’agit seulement de relater mon observation. Pour en savoir plus, il fallait aller voir sur place, plus près des ancrages, ce que je n’avais pas du tout envisagé! »

C’est le scénario le plus probable qui correspond à un schéma de surpression dynamique qui amorce la rupture de la couche fragile (tout comme un skieur).

Dans votre cas, il était impossible de savoir s’il ne pouvait pas y avoir une rupture de plaque dans le couloir au-dessus de la cassure (pente à plus de 30°), ou si la rupture d’une autre plaque était possible sous celle déjà partie (selon l’historique de l’hiver et la stratigraphie du manteau). Et bien sûr le demi tour était en neige molasse donc à proscrire sur une pente comme Plagne Vaumart. Même si les probabilités et les risques n’étaient pas les mêmes, il n’y avait pas de solution avec risque 0.
Ce récit nous fait donc beaucoup réfléchir sur le choix d’un itinéraire en conditions compliquées (risque 3, températures douces + risques de plaques en versants ombragés) vis à vis des échappatoires ou possibilités de faire demi tour en cas de scénario ou événement imprévu.

Sans la coulée humide, vous seriez peut-être ou certainement descendus sans rien déclencher car le poids d’un skieur n’a pas d’impact assez fort pour rompre une couche fragile à -1m (mais possible de déclencher sur une zone peu épaisse avec large propagation) ; mais là aussi il s’agit d’une supposition…