Vélo traditionnel ou électrique pour randonnée

Evidence qu’il est bon de rappeler de temps à autres, sans aucun jugement a priori sur les utilisateurs de ce mode de transport.
Pour aussi garder à l’esprit le coût environnemental d’une batterie électrique (extraction, fabrication, transport, recyclage( :smile:)…).
Ca vaut également pour les voitures.

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Et un cheval (ou un poney, c’est moins haut pour monter dessus) : on peut pour randonner ? (ah zut, ça pète du méthane, et on ne fera pas assez d’effort physique :sob:)

Tous les kilomètres non faits en voiture sont bons à prendre.

Néanmoins, si l’on adopte une approche environnementale, il faut regarder dans la globalité. Un VAE a un impact environnemental non négligeable : qlq centaines de kilogrammes de CO2, calculés sur une durée de vie de 10 000 - 20 000 km. Si l’on roule moins, l’impact par kilomètre grimpe mathématiquement.
Autre problème majeur : la batterie. Elle supporte très mal une utilisation épisodique. Un VAE qui reste au garage tout l’automne, l’hiver et un printemps pluvieux, batterie déchargée, peut finir avec une batterie bien entamée. Si on ne sait pas changer la batterie soi‑même, c’est parfois tout le vélo qui part à la casse en qlqs années (expérience vécue par un ami). Un VAE demande donc un minimum d’entretien, notamment en maintenant la batterie chargée, même sans l’utiliser pendant plusieurs mois.

Si l’on garde sa voiture, il faut aussi se demander combien de kilomètres seront réellement remplacés par le VAE. Dans ma situation, j’avais estimé qu’il valait mieux mettre mon vélo classique dans le coffre de la voiture pour faire 5 km par jour, 200 jours par an, plutôt que d’acheter un VAE qui émettrait du carbone à la fabrication et coûterait cher, tout en s’ajoutant à la voiture et à mon vélo actuel. Si je me trompais, je pouvais toujours changer mon fusil d’épaule et acheter un VAE. Par contre, si j’achetais le VAE, je ne peux pas revenir en arrière. Après plusieurs années, force est de constater que j’avais raison de rester au vélo malgré mes soucis de santé.

Si l’on veut malgré tout un VAE, une solution intéressante à étudier est peut être d’électrifier son vieux vélo avec des composants standards. Un impact environnementale plus faible, moins cher, plus facile à entretenir & à réparer, en évitant d’acheter un VAE intégré hors de prix et souvent difficile à réparer.

D’un point de vue sportif, un vélo permet de bien mieux maintenir sa forme qu’un VAE. L’effort physique ne va pas chercher très loin sur un VAE, c’est juste faire tourner les jambes à vide. C’est mieux que rien pour un sédentaire mais c’est rien pour un sportif. Un touriste comme moi dispose de 100-150 W de puissance musculaire sur mon vélo (qd je pratique régulirerement). Le moteur de 250 W d’un VAE change donc tout en montagne. En vélo, il faut par contre avoir les braquets qui vont bien pour la montagne, éventuellement pousser à l’ancienne au delà de 15%. Il faut également changer sa démarche sportive en intégrant mentalement le trajet dans la pratique sportive. Avec la diminution des performances (âge, maladie …), ça me semble d’autant plus intéressant de revisiter sa pratique sportive. Le Coolidge, ou un autre sommet, avec un accès en voiture, c’était juste refaire difficilement une bouze que j’avais parcouru bien plus efficacement dans le passé. Avec une approche à vélo, c’est un autre jeux.

On est nombreux à faire ce genre de réflexion, je suis dans une config assez équivalente (domicile en hauteur, zone montagneuse), prendre le vélo que ce soit pour le velotaf (que je pratique quotidiennement depuis 16 ans) ou loisir ou utilitaire m’impose de remonter environ 300m de deniv très raide à la fin.
La question pour moi est surtout « QUAND » passer au VAE, par que c’est aussi un cercle vicieux, ma pratique velotaf me permet d’entretenir une réelle condition physique qui m’est utile pour le reste de mes activités loisirs. Passer au VAE, et je rejoins @CHNOS5808, tu passes dans un autre monde, c’est pas une mobylette mais franchement c’est incomparable en montée, où je vois en hiver des gens me doubler en doudoune alors que je suis en petite tenue sans avoir froid, pas la peine de mettre un Wattmètre pour te dire que l’activité physique doit être assez limitée dans le cas des VAE (mais si cela remplace une voiture tant mieux!)
Je parle de cercle vicieux car je suis certain que si j’avais un VAE, je l’utiliserai dans le cadre vélotaf et il me serait difficile de revenir en arrière et diminuerai au final ma condition physique générale.
C’est vrai dans le cadre loisir aussi et je pense donc que pour un sportif, il est urgent d’attendre (quitte à adapter parcours et ambitions), alors que pour un sédentaire c’est peut être à l’inverse un moyen de reprendre une activité.

Pour ce qui du vélo rando ou velo ski, que je pratique parfois aussi, sans VAE cela reste de l’anecdotique, on le fait rarement pour des raisons écologiques (éventuellement symbolique) mais plutôt d’expérience tellement c’est exigeant et qui revient souvent à faire du mauvais vélo chargé et du mauvais ski fatigué -)

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En hiver, avec le froid et la nuit, c’est encore plus anecdotique. On le fait pour dire qu’on l’a fait. Mais il n’y a pas grand monde roulant 100 km par des températures négatives de nuit en hiver.
Sur Strava, les cyclos sortent généralement du printemps à l’automne. En hiver, c’est VTT et/ou home trainer, ou alors direction le sud avec la chaleur.

Pour le faire régulièrement, rouler de nuit en hiver pendant plusieurs heures, c’est dur, y compris en étant très bien équipé. Je ne rencontre quasiment personne en long vélo-taf hivernal de nuit. Le VAE n’y change rien, voire c’est pire pour gérer le froid. Sur la neige, il y a encore moins de monde que d’habitude, car c’est casse-gueule (fracture du fémur pour ma part) et nécessite les bons pneus avançant encore moins vite en l’absence de neige. On prend tous des photos et on les montre mais c’est totalement anecdotique.

Par ailleurs, pour faire du vélo - qlq chose (ski, trail, escalade …), il faut avant tout aimer le vélo car on va passer beaucoup plus temps à vélo qu’en pratiquant le qlq chose. Le vélo, il faut le pratiquer beaucoup pour avoir un peu la caisse. 100 km AR c’est tout de même 4h de vélo en avançant déjà très très bien, plutôt 5h-6h, voire bien plus en montagne avec un vélo chargé. Comme l’emploi de temps et surtout la récupération ne sont pas extensibles, la pratique du vélo est donc souvent au détriment du qlq chose.
On peut bien s’amuser, notamment en intégrant dans sa tête le trajet comme faisant partie de la performance sportive. Mais, on avance bien moins vite sur place.

Si on roule moins par année, on pourra garder le vélo plus d’années.
Si on roule moins au total, on pourra revendre le vélo et quelqu’un d’autre utilisera sa capacité restante.
Dans les 2 cas, je ne pense pas que l’impact par kilomètre grimpe.
Il ne grimpe que si on achète un VAE qu’on garde ensuite sans rouler avec.
Mais effectivement, c’est une préoccupation environnementale d’avoir des tas de gens qui achètent un véhicule qu’ils utilisent ensuite peu et qui finit par se dégrader sans avoir parcouru les km pour lesquels il était prévu.

Qd bien même les technologies évoluent, la batterie est un problème notamment à cause des décharges profondes.

Sur un VAE, il faut gérer la batterie, et cela qu’on roule avec ou pas. Le point critique est même plutôt quand on ne roule pas beaucoup. Sous peine d’endommager la batterie par décharge profonde, on ne peut pas juste laisser le VAE au fond du garage. Un VAE avec une batterie endommagée est quasi inutilisable.

A titre de comparaison, la randonneuse de mon père a plus de 50 ans. Ce vélo n’est maintenant utilisé que 2-3 fois par an et passe le restant du temps au fond du garage sans aucun entretien. Il remplira cette fonction pendant encore des décennies. S’il était électrique, il faudrait vérifier la charge de la batterie régulièrement pour éviter d’endommager la batterie. Qui ferait cela pendant des décennies alors que le vélo n’est que très rarement utilisé ? En gros, il faudrait passer plus de temps à gérer la batterie du VAE qu’à l’utiliser.

Chose qui arrive plus souvent qu’on ne croit.

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Un ami a endommagé la batterie du VAE de sa femme en 2 ans. Ils avaient achetés le VAE pour sortir ensemble, lui en vélo, elle en VAE. C’était donc un VAE 100% loisir destiné aux beaux jours. Après un automne pluvieux, et l’hiver, donc pas d’utilisation du VAE, et pas de recharge avec le vélo dans un garage non chauffée, la batterie était « morte ». C’était un VAE plutôt haut de gamme avec une batterie intégrée, dont le remplacement en magasin est hors de prix.

Il doit être possible de changer soi même les éléments endommagées. Mais qui va le faire ?

De base, un VAE, comme tous les objets avec batterie, ce n’est pas fait pour ne pas être utilisé trop longtemps.

.

etc.

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En même temps, ces remarques de bon sens ne sont que peu à comparer du matraquage publicitaire ventant les mérites des VAE, y compris pour la pratique sportive. Avec tout cela que cela induit de vrais dérives, y compris illégales comme le débridage en magasin des VAE sportifs.

Concernant la batterie, je serais très étonné que seulement 5% des acheteurs soient au « courant » et contrôle la charge de la batterie quand le VAE est au garage pour l’hiver.

Je plussoie. Cette question est la même pour beaucoup, l’âge venant …
Tu as raison de parler de cercle vicieux. Une fois qu’on y a gouté, c’est problématique de revenir en arrière. Un vrai dilemme au moment où l’on sent qu’on commence à perdre de la condition physique. Quand céder à la facilité ? Le plaisir se situe dans l’effort ou plutôt dans l’aisance ?
Je dirais que pour un sédentaire, passer au VAE est un cercle vertueux. Pour le sportif sur le déclin, le cercle devient vicieux…

Pour un sportif souhaitant conserver sa santé le plus longtemps possible, le dilemme est vite tranché : c’est l’effort qui entretient la santé et la condition physique, pas la facilité.
Bien évidemment, il existe parfois des contraintes médicales (et j’en sais quelque chose). Mais le mouvement reste le même sur un vélo classique et sur un VAE. Si l’on parvient à pédaler sur un VAE, on pourra tout autant pédaler sur un vélo. Il suffit simplement d’accepter de réduire la distance, le dénivelé… tout en conservant la durée de l’effort.

Avec les développements disponibles depuis des décennies, on peut grimper partout, même avec de petites jambes. Il faut prendre son temps. Il m’arrive d’ailleurs parfois de descendre et de pousser le vélo lorsque ma vitesse tombe sous les 5 km/h. C’est difficile pour son amour propre, mais ça me semble secondaire à comparer des bénéfices du vélo.

Ouais super, t’expliqueras au mec qui a perdu toute puissance dans le cuisses et qui vit dans une zone sans plat comment on fait ça… La réalité c’est que l’autre option pour réussir à faire de la durée en maintenant une puissance suffisamment basse pour que le corps tienne en convalescence c’est le home trainer… super agréable de regarde le mur en face quand on doit déjà se mettre l’effort mental de tout réapprendre au corps…

Schopenhauer parlerait ici d’une généralisation abusive combinée à un appel à l’exception dramatique.

Ceci étant dit, au fil des décennies, j’ai une certaine expérience des soucis de santé avec forts impacts sur la pratique sportive. J’ai donc expérimenté cela, et bien plus. Chacun a sa manière de se remettre en forme, ou simplement de retrouver une qualité de vie ; l’essentiel est que cela fonctionne. Si le VAE t’a aidé, alors c’est très bien.

Trop d’efforts peut être contre-productif. Et dangereux pour la santé. Inutile de rappeler le rapport entre âge et fréquence cardiaque maxi souhaitable.

Non bien sûr. Autant sur route on arrive à adapter son effort et son rythme de pédalage, autant à VTT il devient impossible de le faire quand la pente se redresse trop. En dessous d’une certaine puissance développée, tu perds ta trajectoire et n’avances plus. Ce matin, j’ai fait un circuit VTT de 30 km, et j’ai dû mettre pied à terre une bonne quinzaine de fois, malgré mon 32-51. Avec l’assistance, j’aurais sans doute rajouté 20 bornes et trouvé un rythme plus propice à un vrai travail d’endurance.

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Tu as bien évidemment raison pour le VTT. Je parlais surtout de la route ou du gravel. Le VTT ne me semble pas nécessairement le plus intéressant en vieillissant à cause des pépins à la descente. Si c’est pour s’embêter à descendre au ralentit pour éviter de casser du bois, je préfère passer à autre chose.
Quant à dire que trop d’effort peut être contre-productif, voire dangereux pour la santé, c’est tout aussi vrai, et à tout âge. Mais ici, on parlait de vieux sportifs, donc de pratiquants ayant une bonne expérience et connaissant les fondamentaux.

Quelques exemples :

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Quelques exemples :

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Dunning-Kruger ?

Ultracrépidarianisme ?

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