FFMM: Accompagnateur en milieu montagnard et rural

La base juridique est donnée ci-dessus, dans la discussion : Encadrement

Et puis il y a une subtilité qui n’est pas sans importance, dans l’énumération des textes :
Randonnée pédestre et randonnée en montagne
Une randonnée peut être pédestre sans se dérouler en montagne par exemple…

C’est bien de cette situation que vient « le flou »…

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Car la montagne n’est pas définie comme environnement spécifique, comme dit plus haut.

Si je me souviens bien la licence staps ne permet d’entraîner que dans sa spécialité, laquelle est inscrite sur le diplôme…

Alors non, la spécialité de la licence n’est pas un atout principal.
Par exemple, le canoë-kayak et les disciplines associées (raft, nage en eaux-vives…) peuvent être enseignées contre rémunération par les titulaires de la dite licence, … dès lors que l’activité ne se déroule pas en « environnement spécifique » (classe 3 ou moins).
En revanche, OUI, pour l’environnement spécifique (au delà de la classe 3), un diplôme d’état est exigé… (BPJEPS, DEJEPS classe 4 et +)…
Bref, ça traduit le sujet :

  • Environnement spécifique = DE spécifique.
  • Non Environnement spécifique… d’autres diplômes peuvent être acceptés (si compétences établies), dont licence STAPS…
    Texte de référence pour le CK : Encadrement
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Il existe différentes licences STAPS (Éducation et Motricité, Management du Sport, Entraînement Sportif, Activité Physique Adaptée et Santé, Ergonomie et Performance Motrice, j’en oublie peut-être ?), mais la spécialité sportive pour la licence Éducation par ex. n’est pas spécifiée sur le diplôme. Donc ce diplôme donne le feu vert pour toutes les APSA.

Salut,

le flou juridique a été clarifié en 2024 par l’article D212-67 du Code du Sport (https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049397709):

« Les diplômes permettant l’enseignement, l’encadrement et l’entraînement contre rémunération des sports de montagne, chacun dans la spécialité correspondante, sont les suivants : […]
6° Le diplôme d’Etat d’alpinisme-accompagnateur en moyenne montagne. »

On ne peut pas faire plus clair je pense :wink:

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Bonjour,
Merci à tous pour vos contributions. Je me suis renseigné par ailleurs.
Pour le moment, il existe effectivement un flou juridique et rien n’oblige à être diplômé AMM.

Par contre, je cite et je suis d’accord:

Certes c’est écrit dans l’article que tu cites mais il est quand même dit qu’il faut des compétences puis fortement conseillé/suggéré que pour prouver que tu as des compétences, il faut mieux avoir un diplôme professionnel

Donc au final, un diplôme fédéral c’est un peu limite…

Oui et non car il manque un paquet de sport de montagne dans l’article en question : le canyon, l’escalade par exemple… C’est bizarre, on dirait que ça ne parle que du ski (ou raquettes) :thinking:

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Effectivement tous les sports ne sont pas cités, mais concernant l’AMM c’est quand même écrit noir sur blanc… Je ne vois pas à quel moment il y a un flou :sweat_smile:

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Calmez vous sur les licences STAPS, techniquement,avec une licence spécialité éducation et motricité,on peut tout encadrer hors milieu spécifique et hors préparation à la compétition…ce qui limite vachement pour les activités de montagne/connexe.
En revanche,une licence entraînement offre les prérogatives spécifiques à la compétition sur le sport de spécialité, toujours hors milieu spécifique (exemple : pour l’escalade,la licence permet d’encadrer en club mais ne permet pas l’extérieur au delà du site équipé et conventionné d’une longueur,le DEJEPS milieu naturel peut tout faire).

Le flou reside plutot dans la definition de « montagne », vers le bas de l’échelle (la differance entre AMM et guide est plus etablie). On avait cité au dessus des guides touristiques qui font des tours vers des villages abandonnés où on en obligé d’acceder à pied par un sentier, ou des cours de photographie.

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C’est un point de vu. On peut considérer que le champ offert par un diplôme universitaire (Licence, DEUST…) est « limité », … tout comme on peut l’estimer bien « ouvert ».

  • Le champ compétitif, c’est « peanuts » par rapport aux possibilités rémunératrices offertes par l’encadrement « touristique » (je pense). Le champ « loisir » est immense.
  • Quant à exclure l’environnement spécifique, … ça laisse un énorme champ de pratique (toute la montagne, en somme, dès lors que l’on exclu la haute montagne et la verticalité au delà de la première longueur de corde en escalade). On parle bien ici de randonnée, de fait, sont exclus de la discussion les activités comme le canyonisme, la spéléo…).
    Après, pour alimenter le flou :wink: … Le législateur (ou le juge), pourrait se positionner sur le découpage des massifs montagneux pour distinguer la rando pédestre, … de la rando en montagne. Ce découpage existe réellement :
    Lien : Découpage des Territoires de montagne et commune concernées
    Bon, comme évoqué précédemment, qui peut le plus, peut le moins, alors autant viser la formation et le Diplôme d’État de référence… (DE AMM).
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Moi, au contraire, cela me paraît clairement contraire à l’article D212-67 du Code du Sport précité.

On note que la « fédération » en question comporte bien le mot « montagne » dans sa dénomination, ce qui définit le milieu dans lequel l’activité d’encadrement correspondant à la formation a vocation à s’exercer.

En second lieu, le document (page 3) ne fait pas mystère de la possibilité d’exercer l’activité d’encadrement à titre professionnel. C’est écrit, dès lors que devant le jury, le candidat décrira son projet professionnel.

En dernier lieu, l’arrêté du 19 décembre 2023, relatif au diplôme d’Etat d’AMM, que seule l’ENSM est habilitée à délivrer, définit clairement ce que recouvre la moyenne montagne, par exclusion : elle s’entend comme tout milieu montagnard dans lequel la progression ne fait pas appel à des techniques spécifiques, notamment celles de l’alpinisme.

Le Titre 1er de cet arrêté parle de « Prérogatives d’exercice », ce qui veut dire que les AMM ont la prérogative de l’encadrement contre rémunération de toute activité en montagne ne faisant pas appel à des techniques de progression spécifiques propres, notamment, à l’alpinisme.

La bonne idée serait de montrer ce document à l’ENSM, pour lui demander ce qu’elle en pense.

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Que l’AMM dispose de prérogatives d’encadrement en montagne, ça va de soi. Cela n’empêche pas, à priori, les titulaires d’une autre formation ou diplôme de disposer de prérogatives d’encadrement (même si elles ne sont pas les mêmes à 100%, en excluant l’environnement spécifique par exemple). « Prérogatives » ne veut pas dire « exclusivité ».

  • Ex : en Eaux-Vives : évidement que les BP et DE JEPS CKDA font référence (Diplôme d’État).
  • Les titulaires d’une licence STAPS EM ou d’un DEUST disposent de prérogatives similaires jusqu’à classe 3 (hors environnement spé qui commence à la classe 4). Une carte pro peut être parfaitement délivrée dans ce cas.

L’ENSM ne fait pas les lois…, elle les applique…
Et ce flou … surement qu’'elle serait ravi de ne pas le voir s’afficher, … les formations étant le business de ces filières d’État (formations de qualité évidemment, il ne s’agit en rien de le contester ou dénigrer, … d’où mon propos réitéré sur « qui peut le plus peut le moins »).

Etant juriste, ayant exercé un certain nombre d’années comme avocat, je le sais fort bien.

Ce que je voulais simplement mettre en évidence, c’est une forme de réticence, bien perceptible ici et qui se révèle finalement très bien, à interroger l’ENSM. C’est donc bien qu’il y a un doute sur la licéité de la formation proposée qui ne dit pas clairement qu’elle n’a pas vocation à former des encadrants professionnels pour la randonnée en montagne. A défaut, il n’y aurait pas lieu de redouter un avis de sa part ou de rechercher ici un avis qui pourrait tout aussi bien être donné par le Ministère de tutelle.

Quand c’est flou, il y a souvent un loup, et d’ailleurs le Ministère avait bien ce souci de clarifier dès mars 2023 :
https://www.senat.fr/questions/base/2022/qSEQ220700854.html

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Je suis la guide touristique dont les clients partent « marchoter » entre deux visites de sites historiques en moyenne montagne.
Je m’interroge depuis longtemps sur une certification de moyenne montagne: ça me donnerait la légitimité de dire à mes clients que non, après un repas pantagruélique dans une ferme auberge, si on a une heure de temps libre au programme, on ne s’aventure pas en tongs et en short sur n’importe quel chemin sous prétexte qu’il est balisé, que « de toute façon, j’ai un téléphone » et que « quand j’étais jeune je marchais beaucoup ».
Et ça me donnerait aussi celle de leur dire, avant de partir, équipez-vous et pour ceux qui veulent, je vous promène une petite heure et après on remonte dans le bus. Pas de facturation supplémentaire, je travaille au forfait journée, quoi qu’on fasse. C’est moi qui choisit le sentier qui va bien, et bon, si pas de chaussures correctes, pas de promenade.
Bref, même si la certification en question excède de très loin mes besoins, elle représenterait pour moi (pour mes clients, et pour mon assureur…) un filet de sécurité non négligeable…mais rien à voir avec les activités d’un « vrai » guide de montagne, ni même d’un accompagnateur de rando… je ne pense pas que ce soit ce public là qui est visé, mais plutôt des professions comme la mienne.

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L’absence de certification n’empêche pas de l’écrire noir sur blanc dans des recommandations préalables faites aux participants, ce qui permet déjà de dégager sa responsabilité d’encadrant, bénévole ou professionnel. La plupart des clubs le font, avec des « fiches sorties » dont les participants prennent connaissance avant l’inscription. L’encadrant, professionnel ou non, a une obligation d’information préalable.

C’est un point important qui permet de se référer à la théorie du principal et de l’accessoire. Si je comprends bien, vous exercez une activité professionnelle de guide touristique. Le principal de la prestation, c’est la visite d’un site touristique (musée, monument…) avec une promenade de 2 heures qui en constitue l’accessoire. L’activité principale, dans ce cas, n’est pas la randonnée elle-même.

je voulais simplement dire qu’avec ma carte nationale de guide touristique pro autour du cou, on me croit sur parole quand je dis « ça date de 1580 ». Si je dis, « n’allez pas vous promener n’importe comment, je connais le coin parce que je randonne pour le loisir », je n’ai aucune prise. Ce sont des adultes, et des clients…
Je dégage de toute façon ma responsabilité en ne les accompagnant pas. Ce serait mieux de pouvoir faire passer des messages en les accompagnant, ceci dit.
Mais oui, le principal de mes prestations ne sera absolument jamais la promenade ou la rando.
Les thématiques listées par la certification (lecture de paysage, sensibilisation aux écosystèmes, explications faune et flore, géologie, etc.), je les pratique depuis longtemps, et c’est clairement nourrie par mon expérience de randonneuse. Mais je dois toujours faire attention de bien rester « au bord » du paysage, et jamais dedans…

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Dans un document ils indiquent maintenant :

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Non la formation AMM, bien qu’elle soit un sésame aux yeux de la corporation, n’est pas une garantie.
Les AMM sont des humains, comme les autres. Ils commettent des erreurs.
Et pour une pratique fréquente depuis plusieurs décennies de la rando, de l’alpi, de l’escalade, du canyon, avec des DE AMM, des Guides de Haute Montagne, des DE Escalade ; les comportements dangereux en pratique privée entre copains de cordée, ou bien avec des clients est malheureusement monnaie courante.
Je fais référence à des groupes de personnes âgées (octogénaires) perdus par leur guide (DE AMM) dans la garrigue pendant 6 heures au lieu d’une balade de 1h30 annoncée. Je fais référence à une cliente blessée abandonnée en canyon par un leur guide (DE Escalade et Canyon), je parle d’enfants de maternelle engagés par leur guide (DE AMM) sur des pentes enneigées sans avoir essayé leur raquettes trop grandes, de guide de haute montagne qui amène un client en cascade de glace avec une corde semi-statique, d’AMM qui part en raquette en risque avalanche 3/5 avec des DVA sans piles…
Et j’en passe …
Je ne parle pas d’erreur ponctuelle ni d’accident, mais bel et bien de pratiques laxistes que j’observe sur le terrain chez des professionnels diplômés, qui se sentent tellement protégés dans leur statut, qu’ils se sentent aussi protégés face aux risques contre lesquels ils sont sensés prémunir leurs clients. C’est à dire les risques naturels, et ceux inhérents à la pratique d’activités de pleine nature.

Non, le DE AMM ne garantit de rien. Ce n’est pas la carte professionnelle qui fait le professionnel, mais sa seule la conscience professionnelle.

Ce qui dérange les dérangés vis à vis de cette formation FFMM, c’est le sujet de fond : l’hégémonie commerciale. Parce que la volonté de faire de la montagne un lieu sûr… Désolé de croire qu’à peu près tout le monde s’en tamponne, tant que l’accident ne survient pas sous sa propre responsabilité.

Oui le terrain juridique est flou, parce que [Modéré : propos diffamatoires]. L’usage de matériels alpins, pour l’encadrement contre rémunération, est RESERVé aux Guides de Haute Montagne. La marche, aussi appelée randonnée, est une technique de progression alpine, mais elle commence au niveau de la mer et peut se poursuivre jusqu’en altitude (parfois haute). La technicité n’étant pas linéairement associée à une altitude, il est impossible de définir la moyenne montagne au regard de l’alpinisme. Seules les conditions de chaque passage définissent la nécessité d’avoir recours ou non à certaines techniques et matériels. (en cas d’accident, ou de litige, seul l’enquête judiciaire et le juge interprètent la situation et déterminent si l’encadrant était légitime à cet endroit à cet instant, et si l’obligation de moyens était bel et bien proportionnée à la situation. Que la personne soit DE ou non DE.)

Alors que les techniques inhérentes à l’AMM, topographie, accompagnement de groupe, premiers secours, connaissance du milieu (faune, flore), météorologie, etc, sont des techniques de bases en alpinisme, qu’il faut investir pour faire des photos sur un sentier de douanier en bord de mer, ou bien pour suivre un GR.
Donc si l’on suivait la logique des syndicats d’AMM, seuls les guides de haute montagne peuvent encadrer contre rémunération en haute altitude ou en sorties avec matériels alpins, et pour toutes les autres activités de marche, seuls les AMM auraient le droit d’encadrer contre rémunération. Qu’il s’agisse d’une sortie sur un GR, d’une liaison alpine engagée ne nécessitant pas d’encordement, ou bien d’une balade entre deux plages ou deux vallée pour cueillir des fleurs comestibles…

Il est donc impossible de cadrer rigoureusement l’accompagnement en « moyenne montagne », puisque bien souvent elle ne nécessite aucune compétence supplémentaire à celles nécessaires à l’encadrement en plaine ( en forêt par exemple). La logique conservatrice des syndicats va à l’encontre de la liberté d’entreprendre de tout un chacun. Qu’il s’agisse du guide conférencier qui doit marcher 15 minutes avec son groupe en terrain montagneux pour atteindre un château, une ruine, ou quelque point touristique particulier ; ou encore de la personne compétente et apte physiquement (formée premiers secours, topographie, conduite de groupe, connaissance météo, etc.) qui connaît très bien son massif et qui entreprend de guider des groupes sur des sentiers de montagne contre rémunération.

Ce dernier ne sera pas moins compétent qu’un AMM dans le massif qu’il connait, ou qu’il a étudié pour accompagner un groupe. Mis à part pour la pratique de la raquette à neige, ou les compétences en nivologie requièrent une formation particulière (mais qui pourrait tout à fait être acquise par le guide non AMM dans le cadre de formations reconnues)

Un montagnard aguerri, qui fait la démarche d’acquisition de compétences inhérentes à l’accompagnement de clients en montagne (modules spécifiques de premiers secours, de topographie, de météo, etc) peut tout à fait être aussi compétent qu’un AMM. D’autant que la formation AMM repose surtout sur une expérience de randonnée large et variée dans les massifs français, en conditions été et hiver… Autrement dit, mis à part les modules spécifiques, un AMM est un montagnard expérimenté.

A mon sens, tout ce débat n’est [ Modéré : injurieux] des DE AMM qui veulent empêcher quiconque de [Modéré : diffamatoire]. (la plupart d’entre eux, s’ils avaient eu connaissance du texte officiel qui stipule [Modéré : contresens incitant à la commission d’un délit] et les coûts exorbitants de cette formation dont l’ENSM a le monopole…)

Tout ceci n’enlève rien à la nécessité de sécuriser la pratique de la montagne et donc de cadrer l’accompagnement contre rémunération, notamment par un titre professionnel reconnu par le Ministère. Mais en dépassant l’horizon indépassable de la formation ENSM aux coûts élevés (et justifiés eu égard au contenu pédagogique), une Validation des Acquis d’Expérience plus « permissive » permettrait à des professionnels qui encadrent déjà ou ont déjà encadré, de faire vérifier et reconnaître leurs compétences. Cela n’apporterait que plus de contrôle sur les compétences des accompagnateurs, sans pour autant tous les astreindre à cette longue et coûteuse formation. (je pense aux STAPS, aux bénévoles de clubs expérimentés de plusieurs années, des anciens militaires, ou encore aux anciens agents de l’ONF, etc.) Toutes ces personnes qui pourraient pratiquer cette activité comme source de revenus complémentaire et ponctuelle moyennant une vérification de leurs compétences, et éventuellement une mise à niveau sur des modules allégés (logistiquement et donc financièrement)

Bref, ce ne sont que des éléments de réflexion pour nourrir le débat.
Sportivement
Signé un montagnard non diplômé qui a poncé les massifs français et étrangers seul et avec des groupes (non rémunérés je vous rassure ^^)