Non la formation AMM, bien qu’elle soit un sésame aux yeux de la corporation, n’est pas une garantie.
Les AMM sont des humains, comme les autres. Ils commettent des erreurs.
Et pour une pratique fréquente depuis plusieurs décennies de la rando, de l’alpi, de l’escalade, du canyon, avec des DE AMM, des Guides de Haute Montagne, des DE Escalade ; les comportements dangereux en pratique privée entre copains de cordée, ou bien avec des clients est malheureusement monnaie courante.
Je fais référence à des groupes de personnes âgées (octogénaires) perdus par leur guide (DE AMM) dans la garrigue pendant 6 heures au lieu d’une balade de 1h30 annoncée. Je fais référence à une cliente blessée abandonnée en canyon par un leur guide (DE Escalade et Canyon), je parle d’enfants de maternelle engagés par leur guide (DE AMM) sur des pentes enneigées sans avoir essayé leur raquettes trop grandes, de guide de haute montagne qui amène un client en cascade de glace avec une corde semi-statique, d’AMM qui part en raquette en risque avalanche 3/5 avec des DVA sans piles…
Et j’en passe …
Je ne parle pas d’erreur ponctuelle ni d’accident, mais bel et bien de pratiques laxistes que j’observe sur le terrain chez des professionnels diplômés, qui se sentent tellement protégés dans leur statut, qu’ils se sentent aussi protégés face aux risques contre lesquels ils sont sensés prémunir leurs clients. C’est à dire les risques naturels, et ceux inhérents à la pratique d’activités de pleine nature.
Non, le DE AMM ne garantit de rien. Ce n’est pas la carte professionnelle qui fait le professionnel, mais sa seule la conscience professionnelle.
Ce qui dérange les dérangés vis à vis de cette formation FFMM, c’est le sujet de fond : l’hégémonie commerciale. Parce que la volonté de faire de la montagne un lieu sûr… Désolé de croire qu’à peu près tout le monde s’en tamponne, tant que l’accident ne survient pas sous sa propre responsabilité.
Oui le terrain juridique est flou, parce que [Modéré : propos diffamatoires]. L’usage de matériels alpins, pour l’encadrement contre rémunération, est RESERVé aux Guides de Haute Montagne. La marche, aussi appelée randonnée, est une technique de progression alpine, mais elle commence au niveau de la mer et peut se poursuivre jusqu’en altitude (parfois haute). La technicité n’étant pas linéairement associée à une altitude, il est impossible de définir la moyenne montagne au regard de l’alpinisme. Seules les conditions de chaque passage définissent la nécessité d’avoir recours ou non à certaines techniques et matériels. (en cas d’accident, ou de litige, seul l’enquête judiciaire et le juge interprètent la situation et déterminent si l’encadrant était légitime à cet endroit à cet instant, et si l’obligation de moyens était bel et bien proportionnée à la situation. Que la personne soit DE ou non DE.)
Alors que les techniques inhérentes à l’AMM, topographie, accompagnement de groupe, premiers secours, connaissance du milieu (faune, flore), météorologie, etc, sont des techniques de bases en alpinisme, qu’il faut investir pour faire des photos sur un sentier de douanier en bord de mer, ou bien pour suivre un GR.
Donc si l’on suivait la logique des syndicats d’AMM, seuls les guides de haute montagne peuvent encadrer contre rémunération en haute altitude ou en sorties avec matériels alpins, et pour toutes les autres activités de marche, seuls les AMM auraient le droit d’encadrer contre rémunération. Qu’il s’agisse d’une sortie sur un GR, d’une liaison alpine engagée ne nécessitant pas d’encordement, ou bien d’une balade entre deux plages ou deux vallée pour cueillir des fleurs comestibles…
Il est donc impossible de cadrer rigoureusement l’accompagnement en « moyenne montagne », puisque bien souvent elle ne nécessite aucune compétence supplémentaire à celles nécessaires à l’encadrement en plaine ( en forêt par exemple). La logique conservatrice des syndicats va à l’encontre de la liberté d’entreprendre de tout un chacun. Qu’il s’agisse du guide conférencier qui doit marcher 15 minutes avec son groupe en terrain montagneux pour atteindre un château, une ruine, ou quelque point touristique particulier ; ou encore de la personne compétente et apte physiquement (formée premiers secours, topographie, conduite de groupe, connaissance météo, etc.) qui connaît très bien son massif et qui entreprend de guider des groupes sur des sentiers de montagne contre rémunération.
Ce dernier ne sera pas moins compétent qu’un AMM dans le massif qu’il connait, ou qu’il a étudié pour accompagner un groupe. Mis à part pour la pratique de la raquette à neige, ou les compétences en nivologie requièrent une formation particulière (mais qui pourrait tout à fait être acquise par le guide non AMM dans le cadre de formations reconnues)
Un montagnard aguerri, qui fait la démarche d’acquisition de compétences inhérentes à l’accompagnement de clients en montagne (modules spécifiques de premiers secours, de topographie, de météo, etc) peut tout à fait être aussi compétent qu’un AMM. D’autant que la formation AMM repose surtout sur une expérience de randonnée large et variée dans les massifs français, en conditions été et hiver… Autrement dit, mis à part les modules spécifiques, un AMM est un montagnard expérimenté.
A mon sens, tout ce débat n’est [ Modéré : injurieux] des DE AMM qui veulent empêcher quiconque de [Modéré : diffamatoire]. (la plupart d’entre eux, s’ils avaient eu connaissance du texte officiel qui stipule [Modéré : contresens incitant à la commission d’un délit] et les coûts exorbitants de cette formation dont l’ENSM a le monopole…)
Tout ceci n’enlève rien à la nécessité de sécuriser la pratique de la montagne et donc de cadrer l’accompagnement contre rémunération, notamment par un titre professionnel reconnu par le Ministère. Mais en dépassant l’horizon indépassable de la formation ENSM aux coûts élevés (et justifiés eu égard au contenu pédagogique), une Validation des Acquis d’Expérience plus « permissive » permettrait à des professionnels qui encadrent déjà ou ont déjà encadré, de faire vérifier et reconnaître leurs compétences. Cela n’apporterait que plus de contrôle sur les compétences des accompagnateurs, sans pour autant tous les astreindre à cette longue et coûteuse formation. (je pense aux STAPS, aux bénévoles de clubs expérimentés de plusieurs années, des anciens militaires, ou encore aux anciens agents de l’ONF, etc.) Toutes ces personnes qui pourraient pratiquer cette activité comme source de revenus complémentaire et ponctuelle moyennant une vérification de leurs compétences, et éventuellement une mise à niveau sur des modules allégés (logistiquement et donc financièrement)
Bref, ce ne sont que des éléments de réflexion pour nourrir le débat.
Sportivement
Signé un montagnard non diplômé qui a poncé les massifs français et étrangers seul et avec des groupes (non rémunérés je vous rassure ^^)