ci sono cose della natura che non mi hanno mai dato l’impressione di essere vive; la pioggia, la neve, le rocce …
il vento, invece, è diverso; da sempre mi dà la sensazione di avere un’ anima; so ben che non è vero, ma questa impressione mi rimane in testa
quando arriva il vento, non « passa e basta »
guarda, sceglie, prova, insiste
a volte sembra prendere di mira qualcosa: un ramo, una persiana, un vecchio cartello, una tenda; comincia piano, quasi per capire, la spinge, la gira, cerca il lato giusto
se non ottiene quello che vuole, cambia direzione, si infila dove trova una fessura, aggira un ostacolo, riprova
come se stesse cercando il punto esatto in cui tutto diventa più facile da muovere, da strappare, da spingere, da far rotolare
e quando lo trova non lo lascia più
continua, con una pazienza che sembra infinita
mi sono chiesta tante volte quanta caparbietà serve per far sbattere una persiana con lo stesso ritmo per tutta una notte, o per far dondolare un ramo per ore
il vento sembra non conoscere la fatica
anni fa, sono stata in campeggio in corsica, dormivo in tenda
avevo sentito una frase che pensavo fosse solo un modo di dire: « quando arriva il vento, resta tre giorni »
poi una sera arrivò… per tre giorni ho avuto l’impressione che avesse deciso di smontare la mia tenda
provava da un lato e poi dall’altro, faceva vibrare il telo, tirava i tiranti, cercava di infilarsi sotto il catino
ogni tanto sembrava fermarsi, giusto il tempo di riprendere fiato
poi ricominciava, con la stessa ostinazione, la stessa perseveranza, una pazienza senza fine
e che dire di quando sceglie una sola foglia di un albero, tra migliaia, e la fa danzare mentre tutte le altre restano quasi immobili?
da allora, ogni volta che sento il vento lavorare intorno a qualcosa, mi viene spontaneo pensare che non stia semplicemente passando: mi sembra che stia facendo un tentativo, che abbia un’idea, che voglia riuscirci
forse è solo una mia impressione, ma, tra tutte le cose della natura, il vento continua a essere quella che più di ogni altra mi dà l’illusione di avere una volontà tutta sua 🙋
il y a des choses dans la nature qui ne m’ont jamais donné l’impression d’être vivantes: la pluie, la neige, les rochers…
le vent, en revanche, est différent
depuis toujours, il me donne l’impression d’avoir une âme; je sais bien que ce n’est pas vrai, mais cette idée ne me quitte jamais
quand le vent arrive, il ne fait pas que passer
il regarde, il choisit, il essaie, il insiste
parfois, on dirait qu’il prend quelque chose pour cible: une branche, un volet, un vieux panneau, une tente. Il commence doucement, comme pour comprendre; il pousse, il fait tourner, il cherche le bon angle
s’il n’obtient pas ce qu’il veut, il change de direction, s’engouffre dans la moindre ouverture, contourne un obstacle et recommence
comme s’il cherchait le point précis où tout devient plus facile à déplacer, à arracher, à pousser ou à faire rouler
et lorsqu’il l’a trouvé, il ne le quitte plus
il continue, avec une patience qui semble infinie
je me suis souvent demandé quelle ténacité il fallait pour faire claquer un volet au même rythme pendant toute une nuit, ou pour faire osciller une branche pendant des heures
le vent, lui, semble ne jamais connaître la fatigue
et que dire de ces moments où il choisit une seule feuille dans tout un arbre, parmi des milliers, et la fait danser alors que toutes les autres restent presque immobiles ?
il y a des années, je faisais du camping en corse et je dormais sous une tente
j’avais entendu une phrase que je prenais pour un simple dicton « quand le vent arrive, il reste trois jours »
puis, un soir, il est arrivé…
pendant trois jours, j’ai eu l’impression qu’il avait décidé de démonter ma tente
il essayait d’un côté, puis de l’autre; il faisait vibrer la toile, tirait sur les haubans, cherchait à s’infiltrer sous le tapis de sol
par moments, il semblait s’arrêter, juste le temps de reprendre son souffle
puis il recommençait, avec le même entêtement, la même persévérance, la même patience sans fin
depuis ce jour, chaque fois que j’entends le vent s’acharner autour de quelque chose, je ne peux m’empêcher de penser qu’il ne fait pas simplement que passer; j’ai l’impression qu’il tente quelque chose, qu’il a une idée en tête, qu’il veut absolument y parvenir
ce n’est sans doute qu’une impression, mais, parmi toutes les choses de la nature, le vent reste celle qui me donne le plus l’illusion d’avoir une volonté qui lui est propre 🙋