Avalanche à la cime de la Jasse (Belledonne)

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Le gars a vraiment eu de la chance qu’il y ait à proximité qq de compétent et solide.
Et on a tous eu de la chance qu’il n’y en ait eu qu’un seul dessous, ts ceux qui ont choisi cet itinéraire ce jour là ou les précédents se posent ils des questions ?

Comme d’habitude, on ne saura jamais ce qui se serait passé sans mais je note quand même la présence (et le déclenchement) de l’airbag comme facteurs ayant probablement contribué à sa survie. Étant donnée l’épaisseur de la cassure, sans airbag il y a fort à parier que la fin de l’histoire aurait été plus grave. Après évidemment ça n’est pas le seul facteur en jeu.

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Par ailleurs, je trouve que ça illustre bien le facteur de risque que représente la pratique du ski de rando solo. Même si sur des itinéraires fréquentés il y a souvent du monde, comme c’était heureusement le cas ici, on est jamais à l’abri d’être seul au moment de l’accident ou que les personnes présentes ne remarquent pas l’accident ou soient simplement trop loin pour intervenir à temps. Je fais de l’apnée et la règle en mer c’est de ne jamais pratiquer seul (même si cette règle n’est pas toujours respectée, loin de là), et je trouve que c’est une règle qui est beaucoup plus communiquée qu’en ski de rando.

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Je me souviens d’un article de V.Shashahani, féru de Belledonne : « ne partez jamais seul ! » qui discutait en fait de la proposition contraire.
J’ai bien fait 100 solos en terrain varié ( 700 sorties au total disons). La dernière hier…
Souvent vu personne, je vise pas le fréquenté si solo.
Pas de pression du groupe, les (petits) ennuis je les ai eu en groupe. Et toujours gardé une grosse marge en solo, enfin j’espère, même si la pente était parfois assez raide.

A chacun de voir.
Et si vous le sentez pas vous forcez pas.

Et je ne vous dirai pas ce qu’il faut penser des gens qui n’osent pas organiser des sorties, mais s’autorisent de grandes libertés car un autre est « responsable » et l’effet de groupe s’invite. Ils foncent devant sans réfléchir et ont la pêche ( plus que moi), ils se rendent même pas compte qu’ils se mettent en danger …
Et comme les pépins n’arrivent
(heureusement) que rarement, tu passes pour un rabat joie.
Pas toujours simple le relationnel et ses implications sous jacentes.
Maintenant j’ai tendance à choisir des itinéraires très safes qui permettent de laisser gambader les éterlous devant, autant que possible.

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Etre plusieurs augmentent tes chances en cas de pépin mais ce n’est pas une garantie : encore faut-il que tes compagnons ne soient pas pris eux aussi et qu’ils soient en état de te sortir.
Quand tu est en solo au moins tu sais que si tu es pris tu ne pourras pas t’en sortir si tu est enseveli, l’airbag est ton seul éventuel joker (qui est très loin de marcher à tous les coups bien sûr)
Donc tu as tendance à prendre plus de marge (ce qui compense un peu mais pas complètement bien sûr)
Et c’est certainement bien moins dangereux de skier seul sur des itinéraires pépères que de faire du très raide à plusieurs, à chacun de gérer ses curseurs de risque en connaissance de cause.

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Certes. Mais c’est un peu une fausse dichotomie, non ?

Si on veut la jouer safe, on peut très bien faire des itinéraires pépères à plusieurs.

L’avalanche n’est pas le seul risque du solo. Un chute bête, à basse vitesse, qui induit une fracture, ça arrive.

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C’est la deuxième partie de la phrase qui est importante : « à chacun de gérer ses curseurs de risque »
Skier en solo augmente clairement le curseur risque, faire du raide exposé aussi, sortir par risque 4 aussi.
C’est l’injonction « ne partez jamais seul ! » qui me gêne un peu, comme si skier en solo était le risque absolu et non gérable à éviter dans tous les cas alors que les autres risques seraient eux, acceptables…

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Factuellement, être en équipe de deux me semble un facteur de sécurité, l’autre pouvant intervenir en cas de pb.
Si on pense que ca craint sur la nivologie, on s’espace, on se met dans une zone de sécurité.
Il me semble que le message est là.

La sortie en solo me semble une démarche « philosophique », qui implique une maitrise des risques et une grande conscience de la situation. Chacun est libre, mais elle n’est pas à recommander - surtout qu’il y a en ce moment un nouveau public en montagne, peu expérimenté, qui prend des risques sans en être bien conscient.

Je sors rarement en solo, mais je l’ai fait la semaine dernière (j’étais en deplacement pro, un jour de libre, créneau à saisir) et globalement on se sent bien plus exposé. Pas vraiment de risque d’avalanche sur la course, et globalement du réseau, mais la solitude pèse quand-même, surtout quand il fait -16 avec du vent.

Je ne le regrette pas, j’ai pas l’impression d’avoir pris des risques inconsidérés, mais l’experience était fatigante mentalement.

Je n’ai pas dit autre chose. Etre seul est plus risqué que d’être plusieurs.
Je dis juste qu’il y a plein d’autres facteurs de risques en montagne qu’on accepte ou non de prendre et que certains me paraissent nettement plus grands que le fait d’être seul ou non.
Si tu décrètes « ne partez jamais seul » comme une règle absolue, alors il faut y adjoindre « ne faites jamais de pente raide (ou glacée exposée), ne passez jamais dans ou sous une pente à plus de 30° à partir de risque 2, etc… »

Oui du coup on prend plus de marge.
Et on ne se repose pas sur les décisions d’un autre ( biais classique de sécurité quand on est à plusieurs du même niveau qui tous se disent : « je le sens pas mais si les autres continuent et ne disent rien c’est que je dois me faire des idées »…)
Je ne le fais pas souvent mais je trouve l’expérience vraiment enrichissante à plusieurs points de vue, surtout quand c’est du vrai solo dans un coin peu ou pas fréquenté.
C’est peut-être encore plus fort en bateau…

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