2026 : Ça bouge au massif du Mont Blanc

Bonjour,

Comme chaque année et de façon exacerbée, ça bouge beaucoup dans le massif du Mont Blanc en particulier (de part sa configuration).
Même si beaucoup d’infos sont relayées par la chamoniarde ou autre, je me permet de relayer les messages de sécurité marquants dans ce fil.
Faites attention à vous (et aux autres) et adaptee vos pratiques aux conditions plutôt qu’à vos rêves :slight_smile:

Signalé aujourd’hui aux Cosmiques (collègue) :
"Attention au dernier passage raide à la sortie de l’arête des Cosmiques. Il y a beaucoup de gros blocs instables, et un important éboulement s’est produit tout à l’heure dans ce passage. Le passage d’un grimpeur a déclenché le départ d’un énorme et l’éboulement qui a suivi a été effrayant.

Nous avons eu énormément de chance : seule une corde a été sectionnée en quatre morceaux, et il n’y a heureusement eu aucun blessé, voire aucun mort.

Même certains blocs volumineux, qui ont vu passer des milliers de grimpeurs au fil des années, ont perdu leurs points d’appui et il y en a beaucoup qui paraissent désormais très instables. La chaleur va continuer à empirer la situation.
La plus grande prudence est indispensable dans ce passage."

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Ce genre de courses ça va être difficile de les faire en sécurité après le mois de mai-juin non ?

Ça fait déjà « quelques années » que ces courses sont en mauvaises conditions plus ou moins tôt dans la saison : elles sont à risque dès lors que la couverture neigeuse disparaît et particulièrement si il y a de fortes chaleurs ensuite, avec une instabilité de longue durée (plusieurs mois). En plus elles sont alors moins belles !

Ça n’empêche pas leur forte fréquentation comme le prouvent les observations terrain et pas mal de sorties ces dernières semaines : l’adaptation comportementale est encore faible.

Chacun fait ses choix tant qu’ils sont conscients, d’où l’intérêt d’alerter objectivement :slight_smile:

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Il semble y avoir eu un éboulement sur l’arête Mettrier, parti depuis le faîte ou tout proche, vers les 2/3 supérieurs. Vues les conditions sèches de l’itinéraire il ne devrait plus être fréquenté actuellement.

Ce n’est pas le Mont-Blanc mais ça en dit long sur la situation en altitude :
A compter d’aujourd’hui et jusqu’à nouvel ordre, le bureau des guides de Zermatt suspend l’ascension du Cervin avec ses clients, en raison de la chaleur et de l’instabilité qu’elle provoque.

Plusieurs échos concordants de collègues également qui informent sur des signaux d’alerte (vibrations, eau coulant de la paroi) au Trident du Tacul et Grand Capucin.

Au delà du Permafrost/pergélisol, c’est également la sécheresse qui crée des instabilités à toutes altitudes : aujourd’hui j’ai purgé un énorme bloc sur la normale du Peigne (L2 partie supérieure), qui menaçait les rappels. En dessous c’était de la terre réduit en poussière par le sec… (le vidéo est parlante).

Sans tomber dans la paranoia car il existe pleins de voies à parcourir sereinement, faites attention à vous :wink:

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Pas en direct, seulement en lien

Et là où ce n’est pas tombé, la terre a parfois bougé dans les fissures, et gonflera à la prochaine pluie, ce qui peut générer une pression qui peut décrocher le bloc.
Autre phénomène : une fissure bouchée par la terre de manière étanche ne laissait pas entrer la pluie. Une fois la terre bien sèche, la pluie peut s’infiltrer, et si elle ne peut pas sortir assez vite et que la fissure est profonde, l’eau remplit la fissure en exerçant une forte pression en bas, ce qui peut décrocher des blocs.
L’alternance période sèche / pluie intense sur une fissure terreuse donne un peu le même résultat qu’une alternance période chaude / froide sur une fissure glacée, mais pour des rochers à basse altitude.
C’est ce qui est arrivé en Chartreuse (et surement ailleurs) début juillet 2025, avec plusieurs petits éboulements la même nuit pluvieuse après une longue période sèche (avec des blocs d’1 ou 2m3 qui ont traversée des sentiers et laissé des cratères d’1m de diamètre à chaque rebond).

Salut, merci pour l’avertissement, ce que j’avais entendu et lu n’est pas rassurant effectivement.
Par contre j’ai beaucoup de mal à juger clairement comment adapter ma pratique : c’est un peu comme si on était en hiver sans BERA.
Est-ce qu’il faut dire « pas de haute montagne raide à partir de mi Juin » ? Est-ce qu’on pourrait comparer la situation actuelle avec un risque 4 l’hiver ?

On peut effectivement essayer de recouper les infos sur ce qu’il ne faut pas faire, mais c’est plus difficile de de savoir ce qui est ok.

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Je suis bien d’accord ce n’est pas simple !
Un « Bera » version été est à l’étude, je ne sais pas à quel point il avance ? On est encore sur des phénomènes qui sont assez peu suivis (en terme de données « brutes » mesurées) donc complexe.

Les connaissances augmentent, on sait mieux les situations à risque et les signaux d’alerte (écoulement d’eau dans une paroi rocheuse sans source en surface type névé, fissures qui s’élargissent, pitons qui disparaissent, craquement/grincement, augmentation rapide de petites chutes de pierres).

Concernant les situations à risque :

  • retrait glaciaire (cf éboulement d’une zone aux marbrées en face ouest car le glacier a cessé de la tenir par compression) en cours (ablation plus forte que le niveau des années passées)
  • fortes chaleurs sur des zones avec permafrost ayant perdu leur couverture neigeuse. Cette instabilité peut survenir plusieurs mois (!!) après donc une fois ces zones sèches, les éviter jusqu’à la saison de l’an prochain… C’est le cas des cosmiques par exemple…
  • fonte rapide du couvert neigeux sur des zones avec permafrost : l’eau qui s’infiltre trop vite est encore pire que la chaleur du soleil. Mais danger moins étalé à priori dans le temps.
  • sécheresse intense suivi d’orages : c’est à priori ce qui a fait tomber le sommet des petits charmoz il y a quelques années.

Une règle assez simple est donc de ne plus parcourir les zones à Permafrost après les premières canicules : un peu « rigoureux » mais facile à appliquer.
La configuration des lieux joue aussi : ce n’est pas le même risque de parcourir une arête sur un fil assez horizontal « rapidement » (pas les 2h de bouchons des cosmiques par exemple…), que de grimper pendant 8h dans une grande face susceptible de s’ébouler :confused:

Dans le doute : il y a pleins de belles courses à parcourir en se faisant peu de noeuds au cerveau avec les soucis liés aux glaciers et permafrost !
Attention aussi aux classiques comme la cheré qui changent de configuration…

@Florence_B j’ai mis un lien Facebook :+1:

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Quid des installations en haute montagne: refuges, remontées mécaniques et même gares d’arrivée. Leur durée de vie est-elle comptée désormais, leur avenir menacé?

C’est une evidence pour tous les exploitants ( voir le problemes sur helbronner ) par exemples ,mais aussi de l’aig du midi a therme (non exaustif )

Oui c’est bien un problème de therme :crazy_face::wink:

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J’imagine qu’on ne parle pas que des face N rocheuses à + de 3500m. Comment savoir qu’on rentre dans ces zones ?

L’observatoire PermaFrance vise un suivi du permafrost alpin dans deux types de terrain :
les parois rocheuses à permafrost (rencontrées essentiellement au-delà de 2800 m d’altitude) ;
les formations superficielles, principalement les glaciers rocheux actifs (qui se situent entre 2400 et 3200 m d’altitude).
PERMAFRANCE - OSUG, Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble

Je vois qu’en Suisse, il existe une couche indicative :

C’est une très bonne question et ça fait parti des difficultés…
Je n’ai pas de réponse satisfaisante à apporter, beaucoup d’empirisme et de la discussion avec les connaisseurs pour ma part.
Après il reste des zones faciles à traiter : tout ce qui est encore glaciaire et les parois qui « émergent » d’un glacier, je traite ça automatiquement comme zone permafrost. Idem pour les parois restant habituement mixte juste tard dans l’été. Un sommet « massif » je le traite différemment d’une aiguille « fine » avec une face en plein soleil. Je garde en tête également l’historique des éboulements dans le secteur.

À défaut d’être « une science exacte » ça permet déjà de bien mitiger le risque en attendant un outil objectif :slight_smile: