La mort en montagne

Posté en tant qu’invité par ciramor:

salut je vous conseille un article du monde sur la mort en montagne

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-361529,0.html

bonne lecture

[%sig%]

Posté en tant qu’invité par Charles:

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-361529,0.html

Posté en tant qu’invité par Jean-Sébastien:

Très intéressant comme article…

À lire absolument

Posté en tant qu’invité par mat:

tout à fait d’accord, passionnant!

Posté en tant qu’invité par herve57:

très intéressant!

l’article est à lire, il m’a un peu surpris sur certains points de vue (cf. la montagne est un milieu « pervers ») mais il résume une conception à laquelle j’adhère, moi qui suis pourtant un montagnard de base: ce mélange d’acceptation du danger et l’attirance qui peut en découler parfois
le fait de comparer la montagne à un champ d’honneur où l’on ne meurt pas, mais on tombe et la conception de la mort en altitude m’ont parus fort poétiques

si le fait de cotoyer le danger fait partie de l’ attirance pour la montagne, je ne suis pas persuadé pour autant qu’on n’y recherche qu’un défi (qu’il soit personnel ou envers la nature), c’est bien davantage un mélange de facteurs, le mélange de l’esthétique des paysages qui dénote avec le danger omniprésent, une attirance des contraires.

en fait, je ne suis pas tout à fait d’accord avec certains passages de l’article, alors je définirai l’alpinisme comme la recherche d’un absolu à travers l’engagement qu’on accepte de lui concéder, un absolu plus noble que le simple goût du risque ou de la fatalité

et vous, vous en pensez quoi?

Posté en tant qu’invité par Joseba:

Je trouve que l’analyse de l’attrait de la montagne malgré le risque s’approche assez bien de ce que je ressens. Toutefois, il manque un truc, il y a, en montagne, quelque chose d’indéfinissable dans son attrait, chose sur laquelle je n’ai jamais été capable de mettre un mot. Une espèce d’état de plénitude qui n’a rien à voir avec le risque, le panorama, la performance… ou peut-être qui mélange tout ça à autre chose d’indéfinissable. J’ai encore de beaux jours pour philosopher là-dessus… et, peut-être, trouver une réponse.

Posté en tant qu’invité par Claude M.:

La montagne, c’est aussi le sentiment de domination; je n’ai pas en mémoire toutes les références sur cet aspect des choses …Sysiphe, Nietzsche, St Exupéry, et bien d’autres, pour ne rien dire des alpinistes au sens strict. De même, par-delà la valeur esthétique, qui n’est qu’une superposition culturelle à une réalité objective, il faut bien dire que la haute montagne c’est un peu…la lune ! Cette réalité objective est radicalement étrangère au milieu de vie « standard » des êtres humains, avoues, et cette étrangeté l’a rendue apte à être depuis toujours le séjour des monstres, génies, dieux et autres chimères (qui auraient bien été avisés d’y rester). Aussi modeste que puisse être tel ou tel plateau, vallon, sommet, du moment qu’il étale ses perspectives et la violence de ses contrastes largement au-dessus de la limite des arbres, demeure une énigme et un recours ultime : d’ailleurs, aucune oeuvre humaine, aussi bétonnée soit-elle, n’a de chance prolongée de survie là-haut. A notre domination subjective du monde se superpose la domination objective de la montagne sur nous; cet aller-retour d’un dialogue muet qui n’emprunte pas ses signes à la même syntaxe est aussi fascinant que la perspective d’avoir à se mesurer un jour à la question du Sphynx…et nous en redemandons ! Et à juste titre ! Et la jouissance de l’homme pauvre (car pour les mêmes raisons qui nous rendent là-haut petits et désarmés), mais libre est un élixir auquel on ne goûte jamais sans en être hanté pour toute la vie. C’est, pardon Mesdames, une sorte de recherche désespérée aussi de cette « première fois » d’avec une maîtresse qui n’épuise jamais notre désir, tant elle sait et varier les jouissances et s’entourer d’atours nouveaux…Quelqu’un a comparé un jour le sentiment de communion violente avec certaines oeuvres musicales, à un orgasme; eh bien ! la montagne parfois nous fait approcher d’un de ses avatars…
On est partis un peu loin, mais…Bonne journée

Posté en tant qu’invité par Armelle:

En lisant cette discussion, je ne peux m’empêcher de repenser au texte que Fabrice Roulier avait écrit dans le livre du refuge de Font Turbat au retour d’un solo dans la face NW de l’Olan:

« La montagne sauve la vie, plus qu’elle n’en prend. Elle sauve.
Elle bonifie la vie, elle trouve son véritable sens parce
qu’elle va à l’encontre des forces de la mort. Je ne savais
pas l’expliquer. Le danger, c’est facile, on met tous les
mots que l’on veut, mais la beauté, la force vive, l’éclat
rédempteur que l’on ressent dans la nature, qui pourrait le
servir, rigide, dans le carcan des phrases ? Les écrivains
savent combien l’écriture échappe à la vie, qu’il ne s’agit
que d’une idée de la vie. En montagne, nous avons ce
privilège du bonheur indicible. Raconte-le et te voilà envolé,
tu t’es payé de mots. Vivre, encore vivre et aimer, de cela
il n’y a rien à dire. Et pourtant c’est ça la seule chose que
la montagne m’ait donné, sans compter, surtout sans
compter : de la vie et de l’amour. Pour tout cela un grand
merci. »

Posté en tant qu’invité par Gronivo:

Tu as raison Armelle de souligner le fait que la montagne a certainement « sauvé » plus de monde qu’elle n’en a tué. Je ne saurais en parler aussi bien que l’auteur que tu cites, mais je suis sûr qu’elle peut être un excellent pôle d’attirance à la vie, un hymne à l’amour des autres et du monde, une source inépuisable de bonheurs, un puit sans fond dans lequel il faut prendre garde de ne pas tomber (quoique peut-être ?..).

Posté en tant qu’invité par nicolas:

Sur la vallée de Cham, les secours et la mort,
Tu peux aussi lire le livre de Anne Sauvy « Secours en montagne - chronique d’un été »