Posté en tant qu’invité par Chris:
Depuis lundi, soir, cette ligne droite parcourue dans l’action : tu as disparu et nous te cherchons.
Chercher, chercher… appeler les uns, mobiliser les autres, visiter des parkings… solliciter la presse, les réseaux professionnels…
Enfin, mercredi soir, un appel : ‹ on a retrouvé sa voiture ›. Et puis au petit jour, dans le Vallon des ânes, au pied du Pic de Bure, magnifique, illuminé par le soleil du matin, la nouvelle tant attendue arrive : ‹ on l’a retrouvé ›. Tant redoutée aussi : ‹ il n’y a plus d’espoir ›.
Depuis je n’ai plus envie de parler. Et pourtant, il faut encore informer les uns, remercier les autres, organiser la suite.
J’aimerai me replier sur moi-même, avec mes souvenirs. Et me rappeler de toi.
Parfum d’Opale…
C’est dans cette grande voie aux 3 Becs, en août 1999, que nous nous sommes encordés ensemble pour la première fois. Déjà bon grimpeur, ta carrière d’alpiniste commençait tout juste.
Ton enthousiasme, ta modestie et ta curiosité ont rapidement créé des liens solides et durables. Christophe aussi a été séduit dès vos premières rencontres.
Elles sont nombreuses ces sorties que nous avons fait ensemble à ski ou en rocher. Ce raid, avec Philippe en Vanoise, cette Directe Américaine que tu fis promptement avec Tof, cette semaine de grimpe en Briançonnais où tu nous parlais d’une jolie blonde récemment rencontrée, ces sorties à Presles, à la Jonte ou à Montpellier, ces escapades à ski dans les Belledonnes…
Je me souviens de ton énergie, de ta bonne humeur et de ton génépi, au cours de soirées ou de sorties aux alentours de Chambéry ou de Grenoble. Une nocturne, une crémaillère, un déménagement, une improvisation… toujours tu étais présent ! Et puis quels talents de montagnard ! Du ski de pente raide à la falaise, en passant les grandes bambées, très vite, tu excellais dans tous les domaines.
Je me souviens surtout de ta gentillesse, n’hésitant pas à nous laisser ton appart pour nos WE grenoblois, venant l’un de Paris et l’autre de Sète.
Tu es parti et je suis seule avec les souvenirs de tous ces bons moments passés ensemble. Ils ont un arrière-goût amer.
J’aurai aimé pouvoir les partager encore longtemps avec toi. Et en partager plein d’autres encore.
Ce que tu es me manques, égoïstement, et je t’en veux d’avoir vécu ta vie si vite. Une vie si lumineuse, mais si éphémère…
Tu as vécu pleinement ta passion jusqu’au bout et je suis sûre que tu nous a quitté heureux d’être là-haut.
A ton père, ta mère, ton frère, à tous ceux qui t’aiment, j’exprime mes plus sincères condoléances.
Chris (et Tof)