Alors?

Posté en tant qu’invité par Bescherelle:

Vraiment vivement ton tour…

Posté en tant qu’invité par Apoutsiak:

et la suite alors !!! la nuit dans la neige au sommet du Mont Blanc à attendre un hypothétique lever du soleil (dans ces cas là le lever du soleil est toujours hypothétique…) , le froid , l’engueulade pour savoir qui est le responsable, lequel des deux à décider de poursuivre alors qu’il y avait de gros lenticulaires sur la verte…

ALORS …

Posté en tant qu’invité par Phil:

Moi je crois que François de univ-fcomte.fr est un cabotin. On lui a trop fait de compliments, et maintenant, il fait sa starlette. Résultat: Il nous pond trois lignes, comme ça, au détour d’un post dont le titre même semble indiquer qu’il se moque de nous, le 12 du mois, et là on est le 17, et on attend toujours la suite. C’est tout simplement scandaleux.

Posté en tant qu’invité par AlbanK:

Et bien moi, je trouve qu’ il a bien raison, tiens…

Posté en tant qu’invité par Apoutsiak:

et pourquoi Mossieur Albank qu’il aurait raison NÔTRE François ???
Ce ne sont pas les Ôteurs qui décident ici, Mossieur, ce sont les Lecteurs !!!

Posté en tant qu’invité par Francois:

NDLR :
si vous avez raté un épisode, vous pouvez revenir au début !

Puisqu’on me presse, qu’on me prie, qu’on me supplie…

On creusait, on creusait, on a creusé pendant presque trois heures mais on s’est fabriqué une niche confortable et on n’était, ma foi, pas si mal installé.
La nuit nuitait petit à petit, la neige neigeait toujours à gros bouillon et le vent ventait de plus belle.

Le vent, le grand vent, le vent qui décoiffe, le vent à décorner les chamois, le vent qui gifle et cingle, le vent hululant, qui hurle et déchire, qui tournoie, claque et rudoie. Le vent fou houhouhouh. Le vent venu du fond de l’horizon ainsi que troupeaux de diables en furie. Ce vent de là haut, ce vent dur, ce vent mauvais…

Couverture alu sur le sol, corde sous les fesses, sac dans le dos pour s’isoler de la neige, le bleuet sur une petite banquette entre nous deux et voilà ! le grand confort… enfin, pendant un certain temps. On n’était pas naïf au point d’imaginer qu’on allait passer une nuit, voire même plus, de sybarite.
On savait bien que dans une heure, ou deux, ou trois, on allait commencer à se tortiller sur une fesse, sur l’autre ; on savait bien que les crampes allait nous mener la vie dure ; on savait bien que les actions les plus élémentaires, comme pisser par exemple, donneraient lieu à des complications infinies.
Mais on savait aussi que dans le vrai mauvais temps, si on n’est pas absolument sûr de son coup, le mieux est de faire son trou, de s’asseoir sur son sac et d’attendre que ça passe.
Encore faut-il que les lieux s’y prêtent, évidemment.

« Mais -dirons certains- si vous eussiez été dans une face verticale qui se redresse encore ou dans l’arête elle-même, qu’eussiez vous fait ? comment eussiez-vous procédé ? »

A quoi j’eusse répondu :

« Mon bon ami, j’eusse tiré la chevillette et la bobinette eût chu »

Ou encore :

« Mon bon ami, votre objection est parfaitement recevable. Je vous répondrai donc qu’avec des « mais » des « si » et des « peut-être » on met Dunkerque en flacon et le Mont Blanc sous enveloppe. En conséquence de quoi, je ne sais strictement rien de ce que nous eussions fait si nous eussions été dans un cas de figure différent ».

Et à la bonne tienne, Etienne…

La gamelle pleine de neige, on a allumé le gaz avec une… une ?
Allez, là au fond !.. cherchez aussi, au lieu de discuter… avec une ?

Bon.

On a allumé le gaz avec un briquet.

Emmitouflés dans les doudounes rouges marque « Moncler » modèle « Lionel Terray » super gonflantes, les petits petons bien au chaud dans les chaussures Val d’Or en cuir, modèle « Eiger Darbellay » avec chaussons intérieurs en cuir et feutre, aux mains, les moufles « Makalu » avec sous-gants de soie, on attendait sagement que l’eau chauffe. A cette altitude, c’est long.

Comme creuser, ça creuse et ben on a eu faim.

Alors j’ai dit à Fiacre :

  • Sort les bouillons Kub.
    Les bouillons Kub de Knorr ou Maggi étaient alors la base de notre alimentation liquide. Le solide étant constitué de Figolu.
    Fiacre sortit.
  • C’est quoi, ça ? que je lui dis.
  • Ben, c’est les bouillons Kub…
  • Animal ! c’est du court-bouillon ! regarde, c’est écrit dessus… « Maggi, court-bouillon riche en goût, 8 tablettes, 78g, sa saveur particulièrement ronde est idéale pour rehausser le goût des poissons et crustacés ». Quel âne ! en plus, il est périmé depuis 4 ans… où est-ce que tu as trouvé ça ?
  • Ben… dans mon placard…………… j’ai du me tromper…
    Finalement, ce n’est pas bien grave. C’est plein de gras et de sel, juste ce qu’il nous faut. D’ailleurs, on voit le gras qui nous dévissage de ses petits yeux cruels… Et puis, ça nous rappellera la mer qu’on voit danser le long des golfes clairs.

Comme c’était une gamelle en alu, on a bu tiédasse en se brûlant les lèvres. C’est comme ça, avec les gamelles en alu. Disons que le goût était particulier… mais pas mauvais. Il est vrai qu’il est des circonstances où il serait malvenu de se montrer difficile.
Puis on a remit cuire de la neige pour du thé. Le thé, lui, avait un drôle de goût…
Toute cette industrie nous avait menés tard dans la soirée.
Après, on a somnolé vaguement, puis on s’est enquiquiné à mort.
Dans les livres de bivouacs infernaux, ils chantent toujours pour passer le temps et se réchauffer, paraît-il. Nous, ça nous disait rien de chanter.
On a discuté de la philosophie de la vie, de l’amour et de la mort et on a somnolé de nouveau. Après, on a causé de Molnik le Naphteux, c’est un copain qui a toujours des plans complètement peccamineux. Après, on s’est tortillé pour s’aménager différemment ; finalement, c’était pas mieux, c’était même pire. Alors on s’est remis comme avant.
Ca nous a conduits au matin.


Alors… le matin…

Posté en tant qu’invité par visse:

Et alors…?
Excellent, mais tu vas encore te prendre la pression pour nous donner la suite !!
En tout cas ça me donne envie de retourner gouter les délices de…ma couette encore chaude !!

Posté en tant qu’invité par AlbanK:

Ben non, mheuuuuuuu !!!

C’ est tout comme moi je décide, nère . <— (point final)

Posté en tant qu’invité par AlbanK:

Molnyck le Naphteux tout droit descendu de sa spirale aluminiuminoïde spacio-temporelle, alors là, celui-là, on ne pouvait pas le louper !!!

Pourtant, il s’ était bien planqué.

Posté en tant qu’invité par Francois:

Ohhh!!!

Mais je vois que monsieur a des lettres… et s’abreuve à des sources classiques…

Posté en tant qu’invité par Francois:

NDLR :
si vous avez raté un épisode, vous pouvez revenir au début !

suite…

Ouf !

J’ai dit à Fiacre :

  • Va voir dehors le temps qu’il fait.
  • Ben… pourquoi t’y vas pas, toi ?
  • T’es plus près de la sortie…
    C’était particulièrement faux. D’ailleurs « la sortie », dans ce trou, ça ne veux rien dire, mais comme il avait neigé toute la nuit, l’entrée était bien bouchée et je n’avait pas envie de prendre de la neige dans le cou. Fiacre élargit l’entrée (ou la sortie) à grands coups de pelle. J’ai quand même pris de la neige dans le cou.
  • Alors ?
  • Alors… -qu’il fait-… il ne neige plus, mais y’a un brouillard à couper au couteau. On n’y voit même pas le bout de son nez… une chatte n’y retrouverait pas ses petits.

« Bon » j’ai dit « pas la peine d’aller se casser la gueule dans le brouillard ; on reste ici ».
Et on s’est remis à faire du thé et du court-bouillon et du thé au court-bouillon et du court-bouillon au thé etc.
Après, on savait plus quoi faire… alors on n’a rien fait, à part s’enquiquiner. On a discuté sur des sujets sérieux comme la vie l’amour la mort et puis quand on a eu épuisé les sujets sérieux, on est passé aux sujets futiles par exemple la mort la vie l’amour.
A part ça, on s’est de nouveau enquiquiné pendant un certain temps. Comme qui dirait qu’on savait pas quoi faire. Mais alors là, je peux pas raconter pasque pas quoi faire, c’est difficile à raconter, voire même impossible. En fait, vu qu’il ne se passait rien, j’ai rien à raconter, sauf que, bien sûr, on s’embêtait mais ça, je l’ai déjà dit.

Ca ne pouvait pas durer.

A la fin, il s’est passé quelque chose. Un évènement.


Alors… l’évènement…

[%sig%]

Posté en tant qu’invité par AlbanK:

C’ est Rousseau qui trouvait l’ ennui essentiel à l’ homme, non ???

( Kes-kon s’ emmerde avec ce temps, autant retourner bosser )

Posté en tant qu’invité par Francois:

suite et fin…

  • J’ai envie de pisser, qu’il a dit, le Fiacre.

Pas étonnant. On picolait du court-bouillon à tour de bras. Bon, encore toute une cérémonie pour pisser. Après, moi, pareil.
Avec toutes ces histoires, on s’est retrouvé à six heures du soir.
A ce moment-là, Fiacre a dit :

  • J’en ai ras le bol du court-bouillon…
  • Ca tombe bien -que je lui répondis- y’a plus de gaz.

Ben là, ça nous fait deux évènements dramatiques d’un seul coup. Le moral remontait. J’ai bien vérifié ; effectivement il n’y avait plus de gaz.

……………………………………………………….

  • Vas voir dehors le temps qu’il fait.
  • Ben y’a du soleil… enfin, il y a des étoiles. Y fait beau, quoi.

Il était dix heures du soir. On a mit les voiles direction le sommet, en brassant dans 50cm de neige fraîche, mais assez légère. On a ramé un bon bout de temps…

Pendant ce temps, en bas, les parents de Fiacre, qui n’y connaissaient rien à la montagne, se faisaient un sang d’encre. Ils assiégeaient le flic du pghm.

  • Et ils ne sont pas rentrés… avec ce mauvais temps… vous croyez que c’est normal ?
  • Où sont-ils allés ?
  • Ben mon fils m’a dit « l’arête de Peuterey » ; c’est où, ça ?
    Fin psychologue, le flic fit une moue dubitative… l’air d’avoir deux airs… pour quelqu’un de bien informé, le message était clair : « Mon bon meussieu (ou ma bonne dame), si on les retrouve en surgelé au fond d’une crevasse, on aura de la chance ».
    Mais, comme j’ai dit, les parents n’étaient pas bien informés des choses de l’Alpe.
  • Oh la la !.. ben… avec ce temps… de toute façon, aujourd’hui, on ne peut rien faire. Trop mauvais. Les hélicoptères ne sortent pas…
    Pas autrement rassurés, en sortant de chez les flics, ils tombent sur Philippe, un copain qui venait de passer l’aspi du premier coup (le salaud ! moi, je l’avais raté pour la deuxième fois). Il leur a remonté le moral.
    « Il est parti avec François ? A votre place, je ne me ferais pas trop de souci. Tel que je le connais, le François va débarquer du téléphérique et dire « Ah bon ?.. vous vous êtes fait du souci ? » d’un air tout étonné… »
    « Si ça se trouve, ils sont en train de descendre des bières dans un bistrot. On va voir si sa voiture est toujours sur le parking »
    La voiture du Fiacre, décorée du nom pompeux de « cabriolet », était une vieille Deuche cacochyme et scrofuleuse dont il avait liquidé les structures superflues à coup de chalumeau. Autant dire qu’il ne restait pas grand-chose. Mais en toute légalité, vu que sa poubelle était passée aux mines. Ajoutons à cela une décoration psychédélique (le psychédélique était une couleur à la mode en ces années post-soixantehuitardes) une décoration psychédélique d’un goût douteux.
    En fait, c’était à vomir.
    La voiture était bien là, sur le parking, impossible de la rater.

Nous, on marchait sous la lune.

  • J’en ai ras le croupion, dit Fiacre.
  • Moi aussi.
    On était parti depuis maintenant quatre jours. C’était le matin du quatrième jour.
    Les Grands Mulets… une petite pause histoire d’écluser un peu de liquide mais pas de bière. La bière, ça me tue. Après une bière, je suis incapable de faire quoique ce soit, à part une sieste. Ce n’était pas le moment.
    Puis on a repris le collier… jonction… téléphérique… un hélicoptère est passé dans le ciel…

Sur les conseils du gendarme de permanence, les parents de Fiacre avaient établis leur quartier général dans un bistrot, vers la gare du téléphérique. C’est là qu’on les a retrouvés.

  • Ah ! enfin vous voilà… on était mort d’inquiétude !
  • Ah bon ? vous vous êtes fait du souci ?

Après, on a dormi 24 heures d’affilée.

Puis, pour nous remettre les tripes en place, Maman Fiacre nous a mijoté du poisson au court-bouillon.


si vous avez raté un épisode, vous pouvez revenir au début (!)

Posté en tant qu’invité par dalle en pente:

Génial !..

Posté en tant qu’invité par papy_ours:

super : une fin heureuse ( sinon, il n’aurait d’ailleurs pas pu écrire l’histoire , cqfd )

et une chute en queue de poisson !

merci

Posté en tant qu’invité par catherine:

wouarf ! j’adore la chute :slight_smile:
j’suis quand même un peu déçue : vous n’avez pas vendu votre histoire à Paris-Match ?

Posté en tant qu’invité par Apoutsiak:

Enfin !

Posté en tant qu’invité par rapha:

j’apprécie comme d’habitude sinon par contre au niveau de l’html c pas encore ça puisque quand je clique sur Alors…la suite est là on tombe sur le début.

Posté en tant qu’invité par catherine:

rapha a écrit:

par contre au niveau de l’html c pas encore ça puisque quand je clique sur
Alors…la suite est là on tombe sur le début.

t’es sûr ?
j’avoue : c’est moi qui ai rajouté les liens… (ça a été un sacré boulot !)
je viens de vérifier, ça a l’air bon… (y’a pt’ète un autre gentil modo qui a corrigé ?)

en tous cas, ça serait bien qu’on m’explique comment mettre un lien cliquable de telle sorte que quand on clique dessus, la nouvelle page reste dans la même fenêtre !
parceque là, en suivant clic à clic l’histoire de François, je vais attraper la crève dans les courants d’air !!!
bon, j’vous laisse, j’ai une demi douzaine de fenêtres à refermer !

déjà avec tous ces liens, on va se retrouver tous avec la tendinite de la souris !

Posté en tant qu’invité par david B:

Ben, c’est curieux je lis un p’tit bout, (oh, un tout p’tit bout) on dirait c’est du écrit par moi et pourtant c’est du François.

Hum, bon faut avouer que ce soir je lis double.

J’dois être fin saoûl

[%sig%]